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Publié le 1 Septembre 2019

Qui n'est pas au courant de mon amour pour mon chat !
Moi-même, parfois, je m'étonne de la démesure de cet amour car mon Léo se joue souvent de moi avec une perfidie souriante.
Ainsi, ce matin, il m'a interrogé. "Interrogé" ne convient pas, je devrais dire : mis dans l’embarras.
Que répondre à cela quand, souriant, il demande :
- Dis-moi mon maître, quand toi et ta moitié, sa demi-sœur, mon demi-frère, et moi-même ton petit trois pattes, et ma demi-sœur, sommes dans la voiture, combien sommes-nous et quel poids cela fait-il ?
Je me rends à l’évidence : ne sachant que répondre, ma machine neuronique, je devrais dire : mon computer neuronal, s'emballe.  
Il est vrai que j'aime infiniment plus ma moitié que sa demi-sœur, qui n'est pas une femme légère, et que j'aime cette dernière bien plus que  la demi-sœur de mon chat, et un peu moins que son demi-frère… GRRRRR !
Si ce raisonnement complexe me captive, pour autant je n'arrive pas plus à dire combien nous sommes qu'à faire le tour de la question ! Aussi, alors que les minutes dansent sur mon mutisme et sous les yeux amusés de Léo, alors que j'ai éclusé trois verres et deux Aspirine plus loin, j'abdique en une élégante pirouette dont j'ai le secret. Je donne ma langue au chat, et réponds à son interrogation par une question :
- Toi qui es si malin, dis-le moi !
Sa réponse me confond. Léo a réponse à tout.  D'un air enjoué, il susurre :
- Beaucoup trop, oui, avec tout ce monde dans une voiture à deux places, nous sommes beaucoup trop, et moi je ne suis bien qu'avec toi !
Comment n'y avais-je pas pensé ?
Vexé comme un gamin qui n'a pas trouvé la couleur du cheval blanc d'Henri IV, je refuse de m'être ainsi laissé propulser dans d'aussi ridicules supputations et, à mon  tour, je formule une question qui se veut aussi cinglante qu’embarrassante.
- Dis-moi, Léo, mon gros malin, si comme tu le dis si bien, avec mes 80 kilos, tu m'aimes deux fois plus que Bambou ta demi-sœur et ses 4 kilos, et trois fois plus que ton demi-frère de cinq kilos, et deux fois moins que la demi-sœur de ma moitié, combien aimes-tu ma moitié, et quel est son poids ?
Ceci dit, me ravisant, dans une démarche égocentrique, je ne peux m'empêcher de rajouter une question aussi subsidiaire que nécessaire :
- Et, au vue de tes assertions, quel est le poids de ton amour pour moi ?
Sa réponse est encore une fois extrêmement désobligeante pour mon intelligence.
Léo est infernal :
- Cher maître, ne sais-tu pas que l’on ne compte ni soupèse le bonheur d'être, tant il est léger à porter !

Comment puis-je aimer un chat qui passe son temps à m'humilier ? Je me sens aussi balourd qu'un pékinois qui courtise un dalmatien !  
J'en arrive à croire que Léo n'a peut-être pas tort quand il affirme : "T'es un peu lourd, mon maître" !
Faut vous dire, mes amis, que les comptes et moi n'ont jamais fait bon ménage !

JMS

Rédigé par JMS

Publié dans #Les Chats

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