La langue des chats (notice)
Publié le 5 Septembre 2012

En préambule, il est bon de rappeler que les petits félins ne s’expriment pas seulement de manière sonore. Leurs attitudes, leurs mouvements de queue et d’oreilles, leurs yeux, leur pelage qui peut se hérisser, se faire doux ou rugueux selon leur humeur, leurs caresses, leurs coups de tête affectueux, leurs coups de griffes et la modulation de leurs miaulements, font partie de leurs moyens de communication.
Pour le langage audible :
- Le "miaou" simple signifie généralement : je suis là, bonjour, regarde-moi
- Le "miaou" impératif : je veux
- Le "miaou" doublé d’un frétillement du nez est une marque d’empressement
- Le "miiioou" gentiment dit, surtout s’il est précédé d’une danse devant le réfrigérateur ou une assiette vide, est une supplication.
- Le "chhrreu" est un son préventif, un avertissement à prendre en considération et très au sérieux si, dans un même temps, la bouche se crispe. Un supplément d’information vous est donné si les oreilles se couchent en arrière.
- Quand "chhrreu" précède l’onomatopée "frreeuu", votre chat affirme qu’il a épuisé toute sa patience. C’est le signe d’une mutation génétique que j’appelle le syndrome Jekyll/Hyde. Ce son, un peu guttural, qui pourrait rappeler un raclement (roulement) de gorge, n’est pas signe de rhume, non ! Par ce vocable, votre félin vous informe qu’il est temps de mettre vos doigts à l’abri.
- Cependant, si après vous avoir ainsi invectivé par un "freeuu" un peu plus puissant accentué d’une salve de coups de griffes, le "freeuu" tourne au grognement, si dans le même temps, la queue de votre chat traîne au sol alors que son arrière train s’aplatit, c’est meilleur signe, c’est que Jekyll/Hyde bat en retraite.
Cette dernière illustration de la syntaxe des chats confirme que la queue est un élément de leur langage.
- En l’air : signe de bonne humeur et parfois, de remerciement.
- En balancement de droite à gauche ou l’inverse, c’est inquiétant. Ce mouvement dénote un grand agacement ! Dans ce cas, ne pas s’affoler et, d’un air détaché, s’éloigner et fermer la porte !
Cependant, quand mon enseignante, ma princesse noire écoutait de la musique, le balancement de queue signifiait tout autre chose. Toutoune, qui ne faisait rien comme tout le monde, était un chat mélomane accompagnant toute forme de mélodies par des mouvements de queue en mesure. Elle appréciait aussi bien la musique classique que le jazz, la musique cubaine, ou les musiques de variétés les plus basiques.
Toutefois notre princesse avait mille autres façons de s’exprimer. L’une d’elle était particulièrement expressive : lorsqu’un mets n’était pas à son goût, de sa patte droite, elle grattait le sol, nous précisant ainsi que, tout comme ses crottes, cette nourriture méritait d’être directement enterrée !
extrait de
Autobiographie d’un humain
À l’école des chats
Éditions Chemins de Plume 10 €