Les paupières en chat-dort
il cligne des yeux
il bâille, il miaule, il m’appelle
tend une patte d’angora
mon doux chat
qui s’endort.
JMS
In : Dernières nouvelles de mon chat
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

une boîte à rêves, un îlot d’utopie loin du cynisme et des bruits de la
ville,
loin de ceux qui veulent posséder le
monde,
loin de ceux qui collectionnent les beautés de chair, d’or et de diamant.
Ce blog veut célébrer les magies des mondes de l’enfance, de l’univers des
fées
et faire briller les mille étoiles cachées dans l’œil de mon
chat.
Ce blog veut être une terre d'asile pour les vieux rêveurs, magiciens et
poètes,
et affirmer haut et fort que l’amour est plus puissant que la violence.
Je veux croire que Mowgli, Baloo et Moby Dick sont plus nécessaires que Mad
Max.
Je dédie ce blog à mes petits enfants.
JMS
Les paupières en chat-dort
il cligne des yeux
il bâille, il miaule, il m’appelle
tend une patte d’angora
mon doux chat
qui s’endort.
JMS
In : Dernières nouvelles de mon chat
Dessin JMS
Monsieur le chat de la rue Dabray
Je jouais de ma clef d’ut
Afin que nul ne vous cha-hute
Je vous savais déjà digne et poète
Le Café Printemps égrenait une mélodie
Sur laquelle vous marchiez
Quand je vous vis passer entre deux nuages
Le gros propriétaire étrangla la musique
Nous étions à l’heure des économies
Et je vous vis tomber
Triste comme un pavé de mai
Entre la réalité et une poubelle rouillée
Des souvenirs s’éparpillèrent
À fleur de macadam
La chaussée était froide
Deux larmes perlèrent de vos yeux lumière
L’une d’elle se fit de glace
Et rebondit avec des cris métalliques
Lorsqu’elle rencontra le masque figé du bitume
Vous avez dû alors me dire
Qu’en cassant vos rêves
Un salaud avait pris votre enfance
Mais je ne l’ai pas compris
Monsieur le chat aux rêves délabrés
Au passage des michelines
Vous attendez maintenant
Que l’une d’elle revienne
Chargée de vos rêves d’enfant
Je jouais de ma clef d’ut
Afin que nul ne vous cha-hute
Dans les hasards d’un café
Car je vous savais déjà digne et poète
Monsieur le chat de la rue Dabray
Chats ! Chats ! Chats !
Éditions Chemins de Plume
Peinture de Slobodan
Quand un enfant lit,
les mots dansent
***
Mon chat est savant,
qui sait que tout enfant porte en lui
cent rêves de chat et de vacances
Texte JMS
Extrait du livre "Les Chats" de Slobodan et de Jean-Michel SANANES
Editions Chemins de Plume
Chronique littéraire :
Michel Seyrat et Nicolas Galup reçoivent Jean-Michel Sananès
Cliquer sur le lien ci-dessous pour voir l'émission
OVVR du 23/12/11 sur Nice Azur TV, Jean Michel... par niceazurtv
dessin jms
Silence s’écoutait, s’étirait dans l’ombre de l’horloge. Il se mesurait, se comparait à la taille du ciel et des nuages, réfléchissait. Était-il aussi profond qu’on le dit ? Silence pensa aux imbéciles qui le croyaient muet, lui qui inlassablement se parlait sans dire mot. Un frisson de peur soudain le fit frémir, un petit bruit frappait à sa porte. Non pas un petit bruit : un sorte de bruit vagabond ou de bruit qui court, plus exactement : une petite phrase.
Silence s’inquiéta : était-ce un bruit perdu, une phrase solitaire, ou un horrible traqueur de silence, un de ces massacreurs de quiétude qui peuplent les villes ? Avait-on découvert son refuge ?
Laissant peu de place à l’indésirable, Silence se fit tout petit. Il ne voulait rien écouter.
Petite Phrase criait : "ouvre-moi ta porte, je suis fatiguée, épuisée, laisse-moi partager ta solitude". En matière de silence, elle s’y connaissait Petite Phrase, elle savait que Silence n’aimait pas partager sa solitude. Pourtant elle insista : "ouvre-moi ta porte".
Prudent, Silence avait fermé ses oreilles, sa porte, et verrouillé son cœur à double tour. Mais Petite Phrase grattait aux oreilles, griffait les murs du château de Silence, se lamentait, pleurait au pied du donjon : "laisse-moi entrer, laisse-moi me réfugier", suppliait-elle ;
"la grande armée de Vacarme me pourchasse ; je ne suis que le murmure d’un poème, je ne te blesserai pas".
Petite Phrase pleurait : "si tu n’ouvres pas ta porte, je serai pareille à une larme que la rivière avale, comme elle, je me dissoudrai, me noierai dans l’océan et la foule des chahuts".
Apeurée, elle interpellait de plus belle : "Silence, connais-tu le désarroi des petites phrases inécoutées, des idées perdues, l’angoisse des mots égarés ? S’il te plait Silence, protège-moi, je ne suis que les mots d’un poème, la cohue et le bruit me tueront".
Rien ne faisait, Silence ne bronchait pas :
"Tu ne sais rien de la horde qui me poursuit", continuait Petite Phrase, "les Toni truands et leurs motos, le vibraphone et ses marteaux, les violons et leurs archets, une famille d’épinettes, de flûtes traversières, et même Pan, sont à ma poursuite". Elle rajouta : "la Grande Rumeur et ses mille langues, la foudre et les bruits qui courent, aussi sont à mes trousses".
Insupportable litanie ! Silence l’avait écouté de sa plus petite oreille, pourtant il fut ému au point que les verrous de son cœur se brisèrent et qu’il ouvrit sa porte.
C’est ainsi que se fit leur curieuse rencontre.
Silence et Petite Phrase cohabitèrent comme le tic et le tac d’une horloge.
Petite Phrase murmurait de brèves paroles puis laissait place à Silence le temps d’un soupir. Sitôt après, elle égrenait un autre chapelet de mots et cela rythmait leur vie.
Silence parfois se demandait s’il avait été raisonnable d’écouter son cœur : était-il naturel que Silence sauve Petite Phrase ? Immanquablement, cette pensée lui faisait déverser de longs soupirs.
En fait Silence et Petite Phrase s’apprivoisaient et ils s’étaient tant habitués l’un à l’autre qu’ils se marièrent et eurent un enfant qu'en raison de sa petite voix, ils nommèrent : Sourdine.
Évidement, Sourdine, comme son nom l'indique, ne parlait qu’en sourdine. Petite Phrase lui avait légué sa voix à poèmes, et Silence, sa voix intérieure, celle que certains appellent la voix du cœur.
L’harmonie régna jusqu'à ce que Sourdine explore le monde, car aussitôt les princesses, les faunes et les lutins vinrent l’écouter. Ses mots et ses silences croisés étaient si beaux que tous se croyaient à la fête. On eut dit des sortilèges de bonheur.
Son succès fut tel qu’il en devint dévastateur. Princesses, faunes, lutins, venaient de partout et tous répétaient en cœur ses paroles, tous voulaient les mettre en chanson, en musique, en symphonies. Les princesses, les faunes, les lutins ne savaient pas qu’il n’est pas besoin de dire fort les choses pour qu’elles soient belles et grandes. Aucun d’entre eux ne savait que les mots doux parlent mieux au cœur que le grand vacarme.
Cependant, la voix de Sourdine reprise par tous, devint une rumeur grandissante, tant et si bien que le Grand Chahut, la Cohue, le Tohu-Bohu assiégèrent bientôt la forteresse de Silence et Petite Phrase. Les Toni truands et leurs motos, le vibraphone et ses marteaux, les violons et leurs archets, une horde d’épinettes, de flûtes traversières, et même Pan, furent de la fête. La Grande Rumeur et ses mille langues, la foudre et les bruits qui courent, les avaient aussi rejoints. L’orgue de Barbarie parlait si haut, si fort, que Silence se bouchait les oreilles. Terrorisé il devenait si petit que Petite Phrase fut contrainte de le blottir dans ses mots pour le protéger. Sourdine, désolée, s'efforçait de ne pas pleurer.
Quand la nuit terrible s’acheva, que le Grand Vacarme, le Grand Chahut, la Cohue, le Tohu-Bohu, les Toni truands et leurs motos, le vibraphone et ses marteaux, les violons et leurs archets, une horde d’épinettes, de flûtes traversières, Pan, la Grande Rumeur et ses mille langues, la foudre et les bruits qui courent, l'orgue de Barbarie, furent assoupis, Petite Phrase se fâcha, dit une bordée de gros mots, bien trop gras pour entrer dans son vocabulaire habituel, puis elle ouvrit son plus beau poème et partit sur la pointe des pieds. Silence et Sourdine s’enfuirent avec elle. Sans donner d’adresse à qui que ce soit, ils partirent très, très loin de là au pays des ours sauvages et du froid éternel.
Depuis, Sourdine sait que Silence est un gardien de vérités essentielles que seule Petite Phrase approche pour en faire des poèmes.
Très loin d’eux, le Grand Vacarme, le Grand Chahut, la Cohue, le Tohu-Bohu, les Toni truands et leurs motos, le vibraphone et ses marteaux, les violons et leurs archets, une horde d’épinettes, de flûtes traversières, Pan, la Grande Rumeur et ses mille langues, la foudre et les bruits qui courent, l'orgue de Barbarie, qui avaient agité la terrible nuit, parlent encore du temps où Sourdine leur avait divulgué la magie des mots, distribué le sucre des silences et la musique du verbe. Tous sont nostalgiques et attendent son retour.
Huit siècles ont passés. Sourdine a grandi, elle sait maintenant qu’il faut lire au fond des yeux pour rencontrer les silences et les mots millénaires.
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
Commentaires